Frottez votre lampe, je suis votre génie !

Je ne sais pas comment je me débrouille, j'ai l'impression de ne pas avoir une minute à moi ! Pourtant je suis seul à mon domicile, à jour de mes tâches quotidiennes à la maison. Mais je n'arrive plus à écrire mes comptes-rendus de sorties à vélo au fur-et-à-mesure que je roule.

 

C'est sûr, je me refuse d'ouvrir un écran à la maison, excepté mon smartphone quand il retentit. Je garde ça pour... ...pour quand je suis "à l'étranger". Et j'y suis tous les jours, mais pas aux bonnes heures et ça me fout l'horloge chronobiologique en l'air. Rajoutez-y la chaleur actuelle, et vous comprendrez l'espèce de fatigue dans laquelle je me trouve en ce moment.

À moins que ce soit parce que je roule trop ! ;) 

En tout cas, ce n'est pas ce que je pensais encore dimanche sur le coup des 13h quand je suis rentré ; certes vidé ; de mon #granfondo. J'étais parti avec comme une envie de rouler toute la journée. Libre de tout mouvement, pas d'heure pour rentrer, pas d'impératif ; rien. Libre le Bertrand. Libre de prendre son pied à pédaler les oreilles au vent et la truffe en alerte jusqu'à ce qu'hypoglycémie s'ensuive. Sauf que des hypoglycémies, je n'en fais plus guère. Je me connais trop bien. Si je bois, que je mange régulièrement en fonction des difficultés de l'itinéraire et de la météo, rien ne peut plus m'arriver. Le seul truc qui peut m'arrêter encore, ce sont les crampes ; et j'en ai eu entre le Col de La Sine et le Col du Ferrier. Je me suis d'ailleurs dit qu'il ne me restait plus que de la descente jusqu'à la maison excepté le faux-plat montant de Grasse à Chateauneuf, et que ça devrait le faire. Tranquillement.

 

Mais il arrive aussi qu'il se passe des imprévus. Celui du jour a surgi à la sortie de Saint-Vallier. Sur le bas-côté de la route qui mène vers le Col du Pilon, j'aperçois au loin un cycliste en train de réparer sa roue. C'est une crevaison à sa roue arrière. Je ralentis afin de lui demander s'il a ce qu'il faut pour repartir. Quand il relève la tête, je reconnais mon ami Benoit S. ! Il bataille, il s'est mis du cambouis partout sur les jambes, sur les mains, les avant-bras. On dirait un mineur de fond !

Quand il voit que c'est moi, il retrouve immédiatement le sourire. Il sait que je vais prendre la main et finir le (sale) boulot. Je suis son génie sorti de sa lampe. J'en profite pour lui demander d'où il vient et ce qu'il compte faire. Benoit n'est pas parti seul, il est accompagné d'une pointure locale : Mikaël Cherel, cycliste professionnel de l'équipe "AG2R - La Mondiale" ! Le voilà d'ailleurs qui a rebroussé chemin pour attendre Benoit. On repartira tous les trois en direction de Roquefort. L'occasion pour moi de prendre la roue du champion (alors en mode "récupération" ; forcément) et d'en baver quand même. Je me disais juste qu'il me fallait me mettre en mode "Romain Bardet" pour tenir ! Sentiment étrange à un moment, alors que j'étais bien calé dans sa roue et que la pente était favorable à mon poids ; je me suis demandé si prendre un relais sur un pro n'était pas déplacé. Mais je crois que Mikaël est bien au-delà de ce genre de réflexion. C'est un coureur simple et abordable.

J'ai pris un excellent cours en descente ensuite ; jusque Grasse. Certains diraient "une leçon" et peut-être qu'ils n'ont pas tort. J'ai tenté de m'accrocher sans dépasser mes limites de sécurité, mais il faut bien avouer que le cyclisme.... C'est un métier ! Mikaël me prenait 3 ou 4 mètres dans toutes les épingles ! Il rentre dans un virage et en ressort aussi vite, penchant sa machine si fort que j'ai bien cru que son genou allait toucher le bitume parfois ! Comme les motards sur circuit ; mais sans le cuir.

Et puis il a fallu rejoindre Chateauneuf par ce petit faux-plat qui passe inaperçu quand on est frais. Mais là avec 90 bornes et 1600m de D+ dans les cannes, je me suis encore accroché. Mikaël discutait, au début j'ai pu répondre. Ensuite j'ai prononcé des phrases de plus en plus courtes, puis j'ai fini par balbutier je crois. J'ai pris la roue aussi loin que je pouvais, sur "la tarte" alors que ses jambes tournaient comme un métronome sous mes yeux ébahis.

Certains se retournent sur le ronflement du moteur d'une Ferrari ; moi je vous le dis : c'est beau un champion quand ses jambes jouent les pistons. [ Non Mikaël, ce n'est pas une proposition ;) ]

Bref, on est arrivé à bon port. L'esthète de la "Petite Reine" a immortalisé l'instant.

 

Merci pour l'autorisation de diffusion Mikaël ;) 

 

Si j'avais terminé seul cette virée, jamais je ne me serais risqué à forcer autant sachant que j'avais déjà eu des crampes entre les 70ème et 80ème kilomètres. Mais je m'étais ravitaillé copieusement à Saint-Valliers et il faut croire que j'assimile assez vite les sucres et les sels minéraux. Comme quoi, passé 50 ans, il est encore possible de découvrir les qualités inexplorées de son propre corps. Il suffit juste d'y mettre encore un peu plus de motivation.

 

 

Ce sont mes gosses qui vont encore me jalouser. J'ai la chance de rencontrer professionnellement quelques célébrités. Souvent aussi par pur hasard. La raison en est simple : je ne suis pas souvent chez moi, j'ai la bougeotte ; je sors souvent. Eux, c'est tout le contraire : Génération PS4 et réseaux sociaux... Sauf pour le monde du foot et nos escapades à L'Allianz Riviera.

 

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