Le Bon, la Brute et le Truand

Il était une fois dans l'Ouest des Alpes-Maritimes, trois As de la bicyclette, qui durant l'espace d'une sortie dans les contrées vallonnées à la frontière du département voisin, étaient à la recherche d'un trésor. Leur trésor. D'un genre un peu spécifique : un bon moment de convivialité entre potes...

Le premier est Tuco Benedicto Pacifico Juan Maria Ramirez, un truand prétextant un début de sciatique pour pouvoir excuser une méforme possible une fois que le groupe sera lancé à l'assaut du désert montagneux.
Tuco est de connivence avec Blondin ; un bon cycliste invité par ce dernier à rejoindre la troupe des "Mercenaires du bitume" malgré un risque de voir Blondin s'ennuyer ferme à ses côtés car leur niveau de pratique n'est pas du tout comparable. Blondin est un cycliste affûté qui roule quasiment au quotidien tout l'été. La peau de ses belles gambettes est rasée de près et il ne doit pas dépasser de beaucoup le demi-quintal sur la balance. Au contraire, Tuco - même s'il a récemment perdu quelques bons kilos - est plutôt bien charpenté et roule un peu quand il en a le temps. C'est qu'il est occupé cet homme là. Quand à ses jambes, elles ont gardé toute leur pilosité.
Bref, nos deux pistoléros du braquet se donnent rendez-vous devant le saloon du quartier de "Notre-Dame" à Roquefort-Les-Pins pour partir à la rencontre du troisième personnage nommé Sentenza, une brute de goudron sans pitié taillé dans le chêne de nos vallées, qui les attend à Pré-Du-Lac 25 minutes plus tard. (Oui, 25 minutes parce qu'il faut que Tuco s'échauffe correctement. "C'est un diesel" aime t'il a répéter)
Tuco fait donc les présentations entre Blondin et Sentenza. Les deux sont fait pour s'entendre, ils sont cyclistes mais aussi skieurs.

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Dans la première rampe à la sortie de Grasse, Le bon Blondin décide de rompre son partenariat avec le truand Tuco, l'abandonnant dans le désert du trafic routier. La brute Sentenza tout en force mais non sans difficultés, colle à la roue de Blondin tandis que Tuco s'accroche et réussi cependant à survivre à une bonne centaine de mètres au loin. Il décide de se venger un peu plus tard. Il retrouve rapidement Blondin et Sentenza à l'approche de Pegomas et inverse les rôles, contraignant ses compagnons à le suivre. Ce qui sera facile.
Les kilomètres défilent. Le lac de Saint-Cassien est en vue. Alors que Tuco est sur le point de crever un pneu de Blondin pour qu'il ralentisse un peu, Sentenza en pense de même, mais ne le montre pas.
Dans les vallées tourmentées qui nous mènent ensuite vers le village de Tanneron, Tuco se refait une santé sur le 34 dents tandis que Blondin se ballade toujours et que Sentenza se crame sans le savoir à tenter de le suivre. Dans les derniers kilomètres d'ascension, le couple Tuco/Sentenza se retrouve, même si ce n'est toujours pas un grand jour pour Tuco.
Puis vient la descente sinueuse et humide ; donc piégeuse ; vers Auribeau. La piste est parsemé de nids de poule, de coulées de boue et de gravillons, mais cela ne nous empêche pas de lâcher à nouveau les chevaux sitôt le faux-plat montant vers Grasse retrouvé.
C'est là que les choses vont s'envenimer.
Pris au milieu du trafic des diligences à l'heure où les femmes vont récupérer leur progéniture à la sortie des écoles, l'atmosphère devient irrespirable, au grand damne de Sentenza qui désespère et se laisse décrocher par Blondin toujours facile ; et Tuco qui retrouve après 50 kilomètres (il était temps !) ses jambes de 20 ans. Il fonctionne bizarrement celui-là...
Au rond-point des 4 chemins c'est le regroupement général. Les trois cow-boys décident de suivre l'itinéraire de Sentenza qui connait le Far-West qui mène vers Chateauneuf comme sa poche. Une chose de positive, nous retrouvons le calme et la sérénité du désert routier, au milieu des propriétés des notables. Par contre il y a de bonnes grimpettes, des pentes jusqu'à 10% ! Aucun soucis pour Blondin qui continue de se promener. Tuco toujours revanchard à son encontre tente bien de placer une attaque, mais c'est sans compter sur la dextérité à dégainer le premier de l'imberbe des guibolles. C'est une exécution sur place. Derrière, Sentenza est toujours à la peine, mais se marre. C'est le principal. D'autant que nous arrivons désormais sur ses terres et que cela signifie l'arrêt de ses souffrances.
Blondin et Tuco le saluent et d'un coup d'éperon de 50*11 s'éloignent vers l'horizon Roquefortois et Villeneuvois.
Il est tant pour les deux compères en paix retrouvée de rejoindre leur famille avant que la nuit ne tombe et que les pillards ne prennent le contrôle de nos contrées de l'Ouest.

Conclusion :

  • le Bon l'est resté toute l'après-midi ;
  • la Brute doit encore apprendre à gérer ses efforts sur la durée et ne pas se laisser gagner par sa fougue ;
  • le Truand doit se sortir un peu plus vite les DDC et arrêter de casser les burnes avec ses pseudos-bobos.

Quoiqu'il en soit, aucun doute n'est possible. C'est sans aucune difficulté que les trois compères ont dégoté leur trésor.
Au loin, les fumées de vieux sorciers Sioux signalent qu'il y aura d'autres sorties ; et peut-être même sur des montures un peu plus souples...

[Toutes ressemblances avec des personnages existants - ou ayant pu exister - n'est que pure coïncidence]
;)


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