Je m'en suis approché en voiture. Fût une époque où j'aurais pu partir en vélo de la maison, mais ce temps-là est révolu pour quelques années encore. Je me suis garé au collège "Leonard de Vinci" de Montauroux et je suis parti plein sud pour une première partie en bord de lac que je connais déjà bien.

De la route. C'est parfait pour un échauffement, et je me remémorais alors les images du Triathlon de Fayence des années 90 qui empruntait cette même route. Je ne pense pas avoir gardé la moindre coupure de journal de l'époque, ni même la moindre photo. J'ai dû y participer sans aucun autre membre de mon club.

Au sud du lac, je bifurquais à droite et posais enfin mes gros tubeless sur le gravier du "Chemin de Fondurane" pour remonter plein nord vers la zone commerciale de la route de Draguignan. Je marquais une pause au fond d'un vallon désertique où j'ai pu quasiment accéder à l'eau turquoise du lac en gravel. J'ai bien eu l'idée de m'y baigner, mais je roulais à peine depuis 20-25 minutes et j'étais à peine chaud. Excepté cet intermède, pas de surprise, pas de découverte, et j'avoue que c'est ce qui me manquait le plus à cet instant. D'autant que je retrouvais plus loin, non seulement le bitume, mais aussi un trafic abondant, avec une seule idée en tête : m'en échapper le plus vite possible.

Devant moi sur les contreforts, j'apercevais les villages de Montauroux et Callian. Me vint l'envie d'y monter, mais via les pistes que j'allais chercher avec l'aide de mon smartphone et ses applications de cartographie. Je prenais la direction de Draguignan jusqu'au rond-point de la route de Callian. Un peu plus loin, je m'engageais dans le "Chemin des mines", une petite route de quartier qui deviendrait ensuite une piste, puis un large sentier.

Le dénivelé était trop important pour que j'y accède en pédalant ; ou du moins, je n'avais pas la capacité physique pour cet effort. J'ai donc poussé mon Romet sur quelques centaines de mètres avant de parvenir sur un plateau, perdu en pleine forêt. Une réserve de chasse indubitablement car je voyais fleurir des panneaux un peu partout pour m'en avertir. Arrivé à une bifurcation, j'ai fait une belle pause. Certes, j'avais besoin de souffler, mais il me fallait aussi évaluer mes capacités à poursuivre encore davantage vers le nord, ou s'il fallait mieux tourner sur ma droite et filer directement sur Callian.

J'approchais de midi sans vraiment avoir encore d'appétit. De toute façon il me restait encore un bidon d'eau, une canette de soda et un sandwich dans ma banane. Je pouvais voir venir niveau ravitaillement. Mes jambes et mes poumons récupéraient bien de ma montée. Les voyants étaient au vert pour que je rallonge ma sortie. Cependant, en direction de Callian, sur ma carte était mentionné : "Aven de Velnasque" et ma curiosité était piquée. Et puis (déjà, oui !) je m'imaginais bien ingurgiter une petite mousse en terrasse sur la place centrale du village. Je savais aussi qu'il me serait alors difficile de repartir ensuite.

J'ai suivi la voix de la sagesse. La binouze attendra. L'aven, j'y reviendrai. Et je n'ai pas été déçu par mon choix d'itinéraire ! Je me suis retrouvé sur des portions de pistes assez roulantes, dans une végétation encore bien luxuriante avec d'innombrables genêts en bordure de piste qui parfumaient l'atmosphère. Et surtout j'avais l'impression d'être seul au monde. Pas le moindre bruit de moteur, juste le bruissement des feuilles dans la petite brise, les craquements de branches sous les pattes des animaux que je surprenais çà et là, et les chants d'oiseaux.

J'ai déjeuné tranquillement le long de "La Camiole", petit ruisseau paisible. Et je me suis abstenu de m'allonger dans l'herbe pour une petite sieste. J'ai juste étudié les pistes qui poursuivaient vers le nord en direction du village de Mons. Le dénivelé n'y semble pas très important et je me suis promis d'y retourner avant l'ouverture de la chasse. Le triangle "Colle de Comte", "Les Hautes Blaquières", et "La Cadenière" m'inspire. Pour l'heure, je me contentais de prendre sur ma droite afin de redescendre sur Callian via le "Chemin des Graous".

De mémoire, je n'étais jamais passé à Callian. Charmant petit village, mais je ne me voyais pas m'y arrêter alors que mon déjeuner n'était pas encore digéré. Je rejoignais donc Montauroux, puis son collège ; et finissais mon sandwich dans le coffre de ma voiture.

Fin d'une très belle balade où il me reste cependant des choses à découvrir. Et ma journée d'anniversaire commençait de la meilleure des manières. 

 

 

 

[Notez que désormais, je proposerai en "Annexe" de mes billets relatifs à une sortie le fichier au format ".GPX" de ma trace, afin que quiconque parmi mes lecteurs puisse profiter de mon itinéraire.]