Et hier soir, en partant relativement tard (18H40), je n'avais guère qu'une petite heure devant moi si je voulais par la suite profiter un peu de ma famille. Comme je vous le résumais dans mon dernier billet depuis mes changements professionnels, je n'ai plus assez de temps à leur consacrer autre que lors des week-ends. Enfin bref, je me remets au vélo, et une heure c'est bien suffisant quant au bout de deux ; je suis cuit !
Et quand je déclare que "je me remets au vélo" il me faut préciser que ma pratique du cyclisme a subi une pleine mutation. J'ai mis définitivement un terme à ma pratique du vélo sur route. D'abord parce que le cadre carbone de mon Scott CR1 est abîmé
- La butée en carbone de ma gaine de frein arrière (et oui, j'ai encore les gaines apparentes sur mon vélo) s'est décollée et/ou dérivetée du cadre. Certainement rongée par ma sueur lors des multiples sessions de home-trainer lors de ma préparation à l'"Etape du Tour 2024". Je pense que c'est réparable, en faisant un raccord complet en carbone qui risque d'être assez laid. Je ne sais pas combien une telle réparation peut coûter, mais sur un vélo de plus de 10 ans est-ce que cela en vaut vraiment la peine ? Pour le moment, j'ai simplement recollé cette butée de gaine avec de la colle époxy, mais je suis loin d'être confiant en la résistance du matériau lorsque je vais dévaler le sommet du Col de Vence à plus de 70-80km/h. Vous voyez ce que je veux dire.
- Puisque je parle de "confiance", je vais également trouver comme motif d'abandon de la pratique du vélo de route celle que j'accordais aux automobilistes jusqu'ici. Mais les temps ont hélas bien changé (oui oui, je suis de ces vieux cons qui pensent que "c'était bien mieux avant"). Aujourd'hui, avec plus de 30000Km/an au compteur de ma voiture, je ne compte plus les incivilités de tout acabit entre automobilistes déjà. Alors si on se penche sur la coexistence de ces derniers avec les cyclistes sur les routes, on atteint désormais des sommets d'imbécilités. De la part des deux camps ! Comme je dis toujours : "Le con en voiture reste un con sur son vélo !" Bref, comme j'en ai marre de faire des gestes de mécontentement aux fous du volant quand ils m'ont frôlé de quelques centimètres avec leur rétroviseur au lieu de franchir la ligne blanche (et oui, c'est autorisé par le code de la route !) ; je raccroche mes grôles à semelles rigides.
- Pour finir de me justifier, j'ai le sentiment d'avoir bouffé trop de route. Et l'esprit de compétition qui y colle souvent. Même lors des sorties entre amis, il y a toujours ce besoin irrésistible de se taper la bourre pour être le premier au sommet alors que tout autour il y a des panoramas magnifiques que l'on ne voit pas ; penchés le nez dans nos guidons. Le gravel ne m'empêchera pas d'y retourner de toute façon.

Et oui, je vais dorénavant privilégier le gravel. Mon VTT est encore en état de fonctionner, mais il a bien fallu que je me rende à l'évidence : les itinéraires que je parcourais en vélo-tout-terrain depuis quelques années sont largement praticables avec mon gravel. Certes avec moins de facilité et de vitesse, mais ça passe. Tout comme sur la route. Et la vitesse, j'en ai soupé. Tout simplement. Je n'ai plus envie de me faire mal sur un vélo. Et prendre beaucoup plus de plaisir à profiter de ce qui se passe autour de moi.
Alors effectivement il y en a déjà qui m'interrogent : "Mais alors, en 2029 tu feras la Transvésubienne ou pas ?" Question sur laquelle je n'ai toujours pas de certitudes. Je ne peux pas prédire si dans 3 ans mon bras droit aura totalement récupéré ses forces et son endurance. Pour rappel, il y a 1 an, j'ai été victime d'un accident de football (pas la peine de vous marrer ; hein ?). J'ai pris un ballon tiré puissamment et à bout portant, dans le bras alors que je ne m'y attendais pas. Rupture partielle du ligament du biceps. Pas d'opération pour une rupture partielle. J'ai attendu des semaines la cicatrisation ; j'attends aujourd'hui le renforcement.
Et pour dire vrai, c'est un renforcement général dont j'ai besoin !
Mais voilà, il faut bien se remettre en selle à son rythme. Savoir écouter son corps et réagir aux sensations. Profiter des parfums printaniers, de ses couleurs flamboyantes et des paysages toujours aussi étonnants quand bien même on en connaîtrait la plupart par cœur.
Et pour en revenir à ma sortie d'hier, il n'y avait pas d'inconnue au niveau de l'itinéraire. Je me suis échauffé sur le chemin de la Miaine, pour entrer (à peine chaud d'ailleurs !) sur la piste de Sainte-Estève (vous savez ; là où il y a un nid de chasseurs cloitré dans sa forêt privée) pour replonger ensuite du côté du collège du Rouret et poursuivre dans le quartier des Laurons. J'avais tout de même oublié combien ce coin est semé de petites impasses et de pistes forestières privées qui ne mènent nul part. J'envisageais pourtant de rejoindre le Curnier ou directement le Sinodon pour rentrer par la déchetterie et la caserne des pompiers de Roquefort-Les-Pins, mais non ; je n'ai rien trouvé de praticable. Et je n'ai pas cherché non plus sur mon smartphone. Lui aussi j'ai des envies de l'oublier un peu quand je pédale.
Le 30 mai prochain, aura lieu "La Bourse aux vélos" de Roquefort-Les-Pins. Un évènement organisé par mon club le "R4RC". Si j'en ai le temps, je nettoierai mon Scott CR1 pour le proposer à la vente. Pour pièces. En déclarant ouvertement qu'une réparation indispensable est nécessaire pour que son prochain propriétaire puisse rouler en toute sécurité. Quant à mon VTT, tant que je n'ai pas pris de décision définitive sur une possible et ultime participation à la Transvésubienne, il va rester dans mon garage.
Sauf si un jour la "TransV" s'ouvre aux gravels !