Le foot m'a rattrapé à la naissance de mon fils aîné puis celle de son premier frère. Avec 18 mois d'écart d'âge, dès la maternelle ou presque ils avaient tous les deux un cartable sur le dos et un ballon en mousse sous le bras. Seul ballon autorisé dans le milieu scolaire désormais. Rapidement, ils se sont inscrits au club de football de Roquefort-Les-Pins.

J'ai bien tenté de les pousser vers le VTT, vers le basket (que je déteste), vers le judo, vers le rugby. Rien n'y a fait. C'était le foot. Alors je l'ai adopté. Si bien qu'à la naissance de mon troisième garçon, j'étais déjà prêt à en faire un footeux.

Je suis entré dans ma période où j'aimais le foot. D'abord parce que tous les week-ends ou presque, il y avait un match, puis deux. En grandissant, pour suivre tous mes fils, j'ai fini par être obligé de faire des choix entre les 3 matches qui s'imposaient à moi ! Mais c'était bon enfant. Petits, il y avait peu d'enjeu ; c'était surtout un jeu pour eux comme pour tous les parents autour du stade. Il n'était pas rare d'organiser un petit apéro/buffet entre nous pour joindre l'utile à l'agréable.

Je me suis même engagé dans le Conseil d'Administration de l'ASR à une époque. J'étais chargé des demandes de subventions. En mairie, mais aussi au département, à la région.... À la nation ! J'aurais fini par obtenir un superbe minibus de 9 places au club local, qui roule encore de nos jours. Je n'en suis pas peu fier. C'est un peu comme si j'avais laissé une empreinte au club.

Mais voilà, il n'y avait pas que les matches des fins de semaine. Il y a eu ensuite les entrainements. Deux par semaine. Multipliés par 3, ça fait 6 sessions. Y emmener l'enfant. Aller l'y rechercher. C'était encore possible. Temps qu'ils étaient à Roquefort.

Sauf qu'il y en a un qui a été repéré pour son niveau. Certes il jouait au poste de gardien de but ; ils sont moins nombreux que les joueurs de champ et sont donc plus facilement repérables. C'est donc au Stade Maurice Chevalier de Cannes-La-Bocca, antre du club professionnel de l'AS Cannes pour qui mon fils portait désormais les couleurs, que je me déplaçais. Pour 3 entrainements par semaine et un match le week-end.

Mon fils s'éclatait à son niveau. J'avais vraiment plaisir à le voir jouer. Il a eu l'occasion de participer à des tournois de niveau européen ; notamment la "Gif-Cup" en U12 (moins de 12 ans) où il est arrivé en demi-finale après s'être imposé avec son équipe contre l'Inter de Milan. Aux pénaltys. C'est donc lui qui a qualifié son équipe.

L'année d'après il jouait toujours à Cannes. L'année suivant à Mougins, autre grand club formateur pour les jeunes joueurs dans les Alpes-Maritimes. C'était moins loin, mais les entrainements y étaient plus tardifs. Une sinécure pour moi alors que je me levais toujours à 3H30 les matins pour aller bosser à Monaco. Après avoir atteint le niveau régional et avoir été sélectionné dans l'équipe des Alpes-Maritimes ; il a compris que le milieu footballistique était un nid de requins, de passe-droits, de courbettes ; où tous les coups sont permis ou presque. L'enjeu est énorme pour qui vise le haut niveau. Beaucoup de candidats pour peu d'élus. Et tellement d'argent en appât. Il est revenu jouer avec ses potes au club de Roquefort. Il a même joué avec son grand frère devenu senior.

Le cadet, avec 4 ans de retard joue toujours à l'ASR. Si je fais les comptes, j'en suis à une bonne quinzaine d'années à baigner dans le foot pour pouvoir passer du temps avec mes enfants et leur faire plaisir. Mais aujourd'hui, je n'ai plus aucune satisfaction ou presque à suivre leurs matches. Avec le foot je suis tombé en désamour.

Il me reste cependant depuis 3 ou 4 ans l'envie de suivre le club professionnel de l'"OGC Nice". Si je ne suis pas un "ultra", accompagner mes trois fils au stade de l'Allianz Riviera me fait plaisir. C'est une sortie agréable. J'y retrouve parfois des parents, des cadres du club de Roquefort. Et puis il y a les matches contre les grosses équipes du championnat, avec quelques vedettes à voir évoluer.

Les enfants sont même abonnés. Et j'avoue qu'aujourd'hui je me déplace de moins en moins au stade de Nice. Je regarde les rencontres à la TV. Et oui, on est aussi abonné à la chaîne de la Ligue Nationale de Foot.

Je garde un œil critique sur le monde du football. C'est un sport, donc je l'apprécie, mais je ne me voile pas la face non plus. Il y règne la corruption à tous les niveaux. J'ai eu l'occasion de connaître un joueur professionnel qui est resté en couple avec une de mes nièces. Il m'en a raconté des vertes et des pas mûres. Et il y a un point sur lequel je suis en désaccord avec mes enfants : l'arbitrage.

Les arbitres ne sont pas respectés dans le football, et c'est voulu ! Si les fédérations nationales et internationales donnaient les pleins pouvoirs aux arbitres pour que ce sport devienne plus sain à tous les niveaux, il n'y aurait plus de matches ! Pourquoi ? Mais parce que pendant 90 minutes les arbitres se font littéralement insulter par la plupart des joueurs ! Pourtant, une règle stipule que seul le capitaine de l'équipe peut parler avec l'arbitre. Vous imaginez le nombre d'avertissements verbaux qu'ils donnent pendant 90 minutes ?! Vous les voyez sortir des cartons jaunes ? Des cartons rouges ?

Parfois je m'imagine à leur place : au bout de 30 ou 40 minutes, je pense que je dois mettre fin à la partie, au motif qu'il n'y a plus assez de joueurs sur le terrain. Terminé le match. Terminé l'argent qui rentre dans les caisses des buvettes, des diffuseurs, des clubs, des fédérations... Terminé le foot de polichinelles. Place à un football respectueux de toutes les valeurs d'intégrité.

Oui je sais, je rêve. Et je râle aussi. Encore lors de ce match de barrage de l'AS Saint-Etienne contre l'OGCNice par exemple. Je râle contre la VAR, le système vidéo qui permet à des arbitres hors terrain de revenir sur une action litigieuse, de l'analyser, puis via les écouteurs d'en informer l'arbitre sur le terrain pour qu'il puisse visionner la vidéo et prendre sa décision puisqu'il est le seul juge entre tous.

 

(Image générée par IA)

Je reviens sur le point précis de mon mécontentement : Nous sommes environ à la 30 ou 35ème minute de jeu. Un attaquant Stéphanois déborde sur l'aile gauche, entre dans la surface de réparation de quelques centimètres en débordant un défenseur Niçois. Il a 1 pied dedans, 1 pied dehors. Il chute après une petite friction. Sans ralenti, difficile de se prononcer. L'arbitre siffle un coup-franc en estimant qu'il y faute, mais à l'extérieur de la surface. Certains Stéphanois réclament un pénalty (je répète que seul le capitaine peut le faire. J'aurais déjà mis 3 ou 4 cartons jaunes, rien que pour ça moi !). Le coup de pied arrêté est tiré. La défense Niçois intervient, les Stéphanois récupèrent le ballon. Le jeu se poursuit.

Avantage d'être téléspectateurs, la TV nous propose rapidement quelques ralentis. Les images montrent tout à fait clairement que le défenseur Niçois donne accidentellement un petit coup de pied dans le pied d'appui de l'attaquant. Ce n'est pas du tout une faute intentionnelle. Mais si l'arbitre estime qu'il y a faute, il y a pénalty car le pied d'appui du Stéphanois est au moment du choc dans la surface. Or il a déjà sifflé un coup-franc et il a été joué.

La VAR contacte alors l'arbitre de terrain. Il stoppe le jeu. Discute quelques secondes avec ses homologues et se décide finalement à aller visionner les images au ralenti et sous tous les angles sur le bord du terrain. Les joueurs patientent. L'arbitre revient vers les 2 capitaines (non non il ne parle pas aux autres joueurs) et leur fait part de sa décision : Il n'y avait pas matière à siffler une faute, donc pas de raison de siffler un coup-franc, et encore moins un pénalty. Et s'il y avait eu but sur le coup-franc par exemple ? Refusé par la suite ? Finalement, les joueurs ont été fair-play. L'arbitre a effectué un "entre-deux" et la partie a pu continuer.

Quelques minutes plus tard à peine, nouvelle action litigieuse, mais dans la surface du gardien Stéphanois cette fois-ci. Sur un corner Niçois, le ballon arrive sur la tête d'un Azuréen qui manque son coup de crâne et dévie ce dernier au second poteau. Lorsque le "référentiel bondissant" (petit clin d'œil à l'Education Nationale" que je connais bien) arrive sur deux autres adversaires qui vont se le disputer, l'attaquant met sa tête alors que l'autre met son pied. Le premier s'écroule dans la surface en se tenant la tête des deux mains. Le jeu se poursuit. L'arbitre ne siffle rien. Le ballon part en touche après quelques secondes. Le Niçois est toujours allongé au sol. L'arbitre va à sa rencontre et appelle les soigneurs.

Même topo, la TV nous propose un ralenti. Certes, la tête est un peu basse, mais le coup de pied est plutôt haut. On y voit clairement le (protège) tibia percuter de plein fouet la bouche de l'attaquant. Il y a indiscutablement faute ! Et pénalty.

Alors j'en vois déjà parmi vous qui pensent :

"Ouais mais toi t'es supporter de Nice, donc tu peux pas estimer que la faute est involontaire."

Mais moi je n'estime rien les gars ! Moi je demande simplement que la VAR fasse son boulot ! Et si elle l'a fait sur le premier litige, elle n'en a rien fait sur le second ! POURQUOI ???!!! Pourquoi les arbitres vidéo n'ont-il pas interpelé l'arbitre de terrain via les oreillettes pour lui dire qu'il venait de se passer une action litigieuse et qu'il serait bon qu'il étudie la question d'un peu plus près ; quitte à suspendre le jeu une nouvelle fois. Non. Rien. Ou du moins on ne sait rien. Il y a peut-être eu des échanges entre l'arbitre et ses acolytes, mais il n'y a pas eu de suites.

L'attaquant Niçois est sorti du terrain pour saignement.

Et moi, je ne peux m'empêcher de penser que l'OGCNice doit perdre ces deux matches de barrage et descendre en Ligue 2. Parce que les instances en ont décidé ainsi. Ne me demandez pas pourquoi, ça me dépasse. Et ça doit en dépasser plus d'un parmi vous aussi.

Réponse ce soir vers 22h30. Pas plus ; la rencontre n'ira pas jusqu'aux pénaltys, c'est trop incertain pour les magouilleurs argentés.