Attendez que j'ouvre mon agenda pour vous détailler tout ça !
(parti s'exécuter...)
(de retour au clavier...)
Bon, OK. Il est vierge. N'empêche, je ne me souviens pas avoir veillé trop tard, parce qu'en ce moment, avec le sujet qu'on nous rabâche pendant les 45 minutes de JTs (non non, il se passe plus rien sur Terre), il vaut mieux sortir son chien de bonne heure. Et ça prend 2 heures. Déjà la moitié de la matinée du samedi est bouclée. Ensuite, il faut faire quelques courses parce que lorsque l'on reçoit des invités, c'est préférable de leur remplir le ventre et de les hydrater. Et puis il faut que la maison soit un minimum en ordre après une semaine à la mettre en désordre. Bref, quand les premiers invités arrivent à 13H, il n'est pas dommage de devoir passer à l'apéritif et de commencer à faire ripaille !
Et chez nous, quand y'en a pour 20, y'en a pour 2 fois plus. Donc le festin dure en conséquence. Tout le week-end au final. C'est ça ou on jette des denrées.
Alors quand chacun regagne ses pénates, les dents du fond qui baignent, l'estomac dilaté, la vessie comprimée et les tambours du Bronx dans la caboche ; bah y'en a un qui prend son courage à deux mains, et qui - plutôt que de se vautrer dans le canapé, TV allumée et téléphone portable à la main - file récupérer son cuissard et sa casquette, et part pédaler.
Pas pour s'entraîner, ni pour perdre du poids. Encore moins progresser ou prendre soin de sa santé. Non. Juste "histoire de...".
Et c'est tout ce qui fait la différence, parce que cette fois-ci, je suis allé cherché la motivation au fond de mes tripes pour sortir de mon confort ; certes relatif. Le seul voyant vert à mon tableau étant à ce moment-là : "il commence à faire moins chaud pour faire du sport en toute sécurité".
Évidemment, en quittant mon domicile à 20H15, je n'envisageais pas de parcourir 100 bornes. Déjà je n'en suis plus capable, et ensuite, malgré le récent solstice d'été, il n'est pas possible de rouler sans éclairage approprié au-delà de 21H45/22H00.
Je suis donc parti avec le sentiment que je n'allais faire que de la route et que ce serait déjà bien comme ça. Si ce n'est qu'arrivé à Chateauneuf-Villevieille, j'en avais déjà ma claque des bagnoles. En 4 ou 5 kilomètres à peine, j'avais déjà observé l'éventail de tous les excès possibles :
- Une voiture qui me frôle le bras gauche de son rétroviseur alors que nous sommes dans une ligne droite et qu'il n'y a personne en face. Pourquoi n'a t'elle pas franchi de deux roues la ligne blanche, comme le code de le route le lui autorise ?
- Une autre qui me klaxonne 10 secondes avant de me doubler en franchissant presque en totalité la ligne blanche. Je suis désolé si j'ai mis quasiment 10 secondes à franchir ce virage droite en montée et que donc l'automobiliste derrière moi n'avait pas de visibilité. Moi je dis que les cyclistes, ils faudrait les tuer dès la naissance.
- Cerise sur le gâteau, j'ai aussi vu un véhicule sans permis avec deux jeunes gens à l'intérieur et prendre un rond point devant moi en mordant le parapet central ; si bien que le tacot a failli partir sur le toit juste devant moi. Je pense que ces deux là étaient déjà bien entamés pour rejoindre la "Fête de la musique" ce jour là.
J'ai plongé vers Opio village, traversé jusqu'à Valbonne pour quitter les affres du bitume et je suis rentré sur une DFCI derrière le lycée "Simone Weil", pour ne ressortir qu'au stade de foot de Roquefort-Les-Pins.
La nuit commençait à tomber, mais les lampadaires n'étaient pas encore allumés. Les premiers badauds marchaient vers le centre-ville, coupé de la circulation par des barrières de sécurité, où des concerts allaient avoir lieu ça et là.
Soudain, une voiture de gendarmerie se porte à mon niveau. Le gendarme me demande immédiatement par sa fenêtre si je compte rouler encore longtemps sous ce début de crépuscule. Sachant pertinemment que je ne suis pas en règle avec mon feu rouge arrière clignotant et bien trop puissant par rapport à ce qu'impose la législation ; je réponds la vérité : qu'il ne me reste que quelques hectomètres à faire pour rejoindre mon domicile. Son conducteur accélère et leur véhicule s'évanouit au loin sur la Route "Notre-Dame".
Et forcément, là je me dis que si je n'avais pas ce feu rouge surpuissant et clignotant fixé sous ma selle, peut-être bien qu'avec les exemples que j'ai cité plus haut, je serais sur un lit d'hôpital ? Ou à la morgue. Qu'est-ce qui est le plus salutaire ? Se faire voir et juste éblouir quelques petites secondes un conducteur (et le forcer à ralentir) avant qu'il ne me double ? Ou répondre au code de la route et n'utiliser qu'une lumière de peu de lumens et non clignotante ; passer inaperçu et être percuté par un barjot en train de pondre un SMS à sa maîtresse ? Et même peut-être regarder la vidéo de cinq adolescents en train de tuer un sixième parce que sa tête ne leur revient pas. Leur "histoire de..." qui sent bien la merde quand même.
Je m'égare là.
Hey ; si je deviens chiant vous me le dites, heing ?
