C'est donc avec une énorme envie que j'ai à nouveau posé mes fesses sur une nouvelle selle et équipé d'un cuissard tout neuf et de qualité ; prenant soin de dégonfler mes pneus à la juste pression afin de garder un maximum de confort au détriment du rendement. De toute façon, après une si longue pause, il ne fallait pas que je m'attende à des miracles au niveau du chronomètre.
C'est étrange. Je n'avais pas dépassé le stop en bas de mon domicile que j'avais déjà mal au niveau de l'appuis de l'ischion droit ; persuadé qu'après quelques kilomètres - peut-être une trentaine de minutes - mon séant n'en pourrait plus et m'obligerait à rebrousser chemin.
Contre toute attente, ça c'est passé différemment. Soudainement j'ai senti en passant une petite aspérité sur la route comme un replacement bref du "petit-pois". J'ai presque imaginé qu'il venait d'éclater, attendant la douleur fulgurante. Mais rien de tout cela. Quelques kilomètres plus loin, je n'avais presque plus aucune gêne. La crainte me quittait alors et je me laissais aller aux plaisirs des kilomètres avalés, à défaut d'un dénivelé positif conséquent. Pour ça il va falloir que je sois patient.
J'ai néanmoins eu pleine satisfaction de sentir l'air circuler sur mon visage et dans mes poumons, de percevoir mes muscles à nouveau en action et mon coeur s'emballer. Pour ce qui est des sensations, forcément ce n'est pas la même limonade. Quand aux paysages, ne pouvant m'aventurer bien loin, ils avaient comme un air de déjà-vu...
Après 25-30 kilomètres, la fatigue pointait, mais le plaisir de rouler était plus fort. En arrivant sur Valbonne, j'aurais pu tourner sur ma droite et rejoindre rapidement mon domicile, mais j'optais pour un détour supplémentaire sur Opio et la montée sur le village de Chateauneuf et Pré-Du-Lac. Je crois que c'est la première fois que j'arrive en haut avec un large sourire ; d'habitude, c'est plutôt en grimaçant !
Rentré à la maison, je publiais mon parcours sur ©Strava, pas pour voir mes statistiques ; non ! Pour avertir que je suis de retour !
Même si une petite voix tout de fond de moi (la sagesse ?) me dit que ça ne va pas durer. Pour être franc, ce matin je me vois mal reposer mon derche sur une selle. Mais je vais tenter une seconde sortie avant le week-end. En VTT peut-être, histoire de voir s'il est toujours en état de rouler...