Et c'est aussi pour éviter de réfléchir à tout ça, les yeux ouverts dans mon lit dès 6h00, que je me suis levé pour aller rouler. Le ventre quasi vide, histoire de piocher dans les réserves, et sans vraiment avoir d'itinéraire en tête, ni même de distance ou de timing sur cette sortie de vélo de route. Juste prendre du plaisir à rouler sous un soleil éclatant ; du moins au départ de Roquefort.

Ce que je voulais vraiment, c'était éviter le trafic de ceux qui ont repris le chemin professionnel et en prenant la direction de Pré-Du-Lac, j'ai vite compris que je ne serai tranquille qu'en prenant la direction de Gourdon. Et pourquoi pas gravir le Col de l'Êcre ? Une éternité que je n'y suis pas allé avec cette satanée hernie l'année dernière.

Je grimpais la première rampe au train. Je ne sais plus faire en puissance pour le moment. Quand deux cyclistes m'ont rejoint à La Sarrée à une allure à peine plus rapide que la mienne. J'ai donc pris la roue, puis pris des relais. Mais je sentais bien que je laissais de l'énergie qui pourrait me manquer par la suite si jamais mon escapade s'éternisait. Dans le bois de Gourdon, je les ai laissé partir. Et j'ai bien eu raison. Les deux énergumènes après avoir rempli leur gourde sur le parking sont redescendus illico sur leur trace ! Moi, je poursuivais vers l'Êcre.

Du soleil toujours, mais aussi de gros nuages qui commençaient à s'accrocher ça et là sur les sommets alentours. Et surtout du calme ! Des bas-côtés fleuris comme les prairies, des oiseaux qui chantent ; bref, une atmosphère propice à oublier la douleur de l'effort. Je réalise mon deuxième meilleur temps dans la montée de Gourdon jusqu'au col. Franchement, je ne sais pas comment j'ai fait, j'ai réellement pris le temps de profiter à 100% des plaisirs et je n'ai pas le sentiment de m'être mis dans le rouge à certains moments.

Comme à chaque traversée du plateau de Caussols, c'est un émerveillement pour les yeux. J'ai simplement été surpris par le nombre de maison à vendre là-haut. Je me suis donc vu acheteur d'une petit baraque minimaliste, juste un pied-à-terre pour les week-ends, profiter de ces sublimes paysages, du calme, des parfums ; allumer le barbecue, ouvrir une bière bien fraîche et oublier tous ses soucis.

Thorenc ou Saint-Valliers ? Option 2 ! Le temps se couvre de plus en plus. J'enfile mon coupe-vent. Sitôt le Ferrier dépassé, l'autre versant paraît plus propice à une météo plus sereine. Du coup, je tire jusqu'à Saint Cézaire pour repiquer sur Le Tignet, puis Grasse. J'essaierais de me mettre une dernière mine sur l'ancienne voie de chemin de fer de Provence pour rentrer sur Pré-Du-Lac, mais ce sera chose vaine. En plus je me prends toujours le seul et unique feu tricolore au rouge ici. Je crois que je n'y ferai jamais un bon chrono.

Alors ? C'était pas une belle sortie ça ?